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Qu’est-ce que la GEPP et que change-t-elle pour vos opérateurs ?

Salomé Furlan
Content Manager

Mise à jour
18 novembre 2023

Lecture
34 minutes

Ce qu’il faut retenir

  • La GEPP, évolution de la GPEC, apporte une gestion dynamique des emplois et compétences adaptée aux enjeux industriels.

  • Ses objectifs clés : anticiper les besoins, développer les parcours, optimiser les talents et renforcer l’amélioration continue.

  • La réussite passe par une analyse des écarts, un plan de formation ciblé et un suivi régulier.

  • Elle profite autant aux salariés (développement, sécurité, mobilité) qu’aux entreprises (productivité, attractivité, compétitivité).

  • Mercateam facilite la mise en œuvre en digitalisant cartographie, planification et suivi des compétences.

La GEPP, ou gestion des emplois et des parcours professionnels, oblige les entreprises d’au moins 300 salariés à négocier régulièrement sur l’évolution de leurs emplois et de leurs compétences. La plupart des accords et des guides la racontent avec un vocabulaire de cadres : mobilité, talents, plans de carrière. Dans une usine, les enjeux se jouent sur les lignes (polyvalence, habilitations, intérim, départs), et la GEPP gagne à être lue poste par poste.

300 salariés

seuil à partir duquel la négociation GEPP devient obligatoire

4 ans

rythme maximal de la négociation, 3 ans sans accord de méthode

3 000 €

d’abondement CPF si entretiens et formation non obligatoire manquent sur 8 ans

1er octobre 2026

date limite pour revoir les accords sur la périodicité des entretiens

Sources : Code du travail, articles L.2242-2, L.2242-11, L.6315-1 et L.6323-13 ; loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025.

Définition de la GEPP

La gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) est la démarche par laquelle une entreprise anticipe l’évolution de ses emplois et de ses compétences, puis organise la progression de ses salariés pour y répondre. Toute entreprise peut l’appliquer, quelle que soit sa taille. À partir de 300 salariés, elle devient aussi une négociation obligatoire avec les organisations syndicales, encadrée par le Code du travail.

Dans une usine, la démarche répond à trois questions. Qui sait tenir chaque poste aujourd’hui ? Qui devra le tenir dans trois ans, et comment faire progresser chaque opérateur pour y arriver ?

Quand les fondateurs de Mercateam ont parcouru des dizaines d’usines françaises en 2019, les réponses vivaient dans des fichiers Excel et des plannings papier. Elles forment pourtant la matière première de toute démarche GEPP.

Pourquoi la GPEC est devenue la GEPP

La GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, devient une obligation de négocier en 2005 avec la loi Borloo, pour les entreprises d’au moins 300 salariés. Le ministère du Travail la définit comme « une méthode pour adapter, à court et moyen termes, les emplois, les effectifs et les compétences aux exigences issues de la stratégie des entreprises et des modifications de leurs environnements économique, technologique, social et juridique ».

Sur le terrain, l’exercice part des seuls besoins de l’entreprise, regarde surtout les compétences techniques et produit un plan à trois ou cinq ans que le marché rend caduc avant son terme, d’où sa réputation d’usine à gaz.

L’intitulé « gestion des emplois et des parcours professionnels » entre dans le Code du travail avec la loi Rebsamen du 17 août 2015, applicable au 1er janvier 2016. Vous lirez souvent que la GEPP est née des ordonnances du 22 septembre 2017, qui en ont surtout réorganisé les règles et permis d’étirer le rythme de négociation jusqu’à quatre ans.

Le dispositif de GPEC figure toujours dans le Code, comme premier thème de la négociation GEPP à l’article L.2242-20. La loi Climat et résilience du 22 août 2021 lui a assigné un objectif supplémentaire, répondre aux enjeux de la transition écologique.

De la GPEC à la GEPP en cinq textes

Cliquez sur une année pour lire ce que chaque texte a changé.

2005, loi Borloo

La loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale oblige les entreprises d’au moins 300 salariés à négocier tous les trois ans sur la GPEC.

2015, loi Rebsamen

La loi n° 2015-994 du 17 août 2015 regroupe les négociations obligatoires. La négociation triennale sur la gestion des emplois et des parcours professionnels apparaît au 1er janvier 2016, avec la GPEC comme premier thème.

2017, ordonnance du 22 septembre

L’ordonnance n° 2017-1385 répartit les règles entre ordre public, accord de méthode et dispositions supplétives. La négociation peut désormais avoir lieu jusqu’à tous les quatre ans.

2021, loi Climat et résilience

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (article 40) demande que le dispositif de GPEC réponde aussi aux enjeux de la transition écologique.

2025, loi du 24 octobre

La loi n° 2025-989 crée une négociation distincte sur les salariés expérimentés, remplace l’entretien professionnel par l’entretien de parcours professionnel et instaure la période de reconversion au 1er janvier 2026.

Autour de ce dispositif, la GEPP ajoute le parcours du salarié et accompagne en priorité ceux qui ont un projet d'évolution, en lien avec les besoins du site.

GPEC et GEPP, ce qui distingue les deux sigles
CritèreGPECGEPP
Nom completGestion prévisionnelle des emplois et des compétencesGestion des emplois et des parcours professionnels
Entrée dans le Code du travailLoi Borloo, 2005Loi Rebsamen, 2015, réorganisée en 2017
Statut aujourd'huiDispositif prévu au 1° de l'article L.2242-20Nom de la négociation obligatoire
Point de départLes besoins de l'entrepriseLes besoins de l'entreprise et le parcours du salarié
FormationPlan ponctuelFormation continue, CPF, VAE, reconversion
Vu depuis l'atelierUne photo des effectifs et des qualificationsUn suivi continu de qui tient quel poste et de qui progresse

Les objectifs de la GEPP vus depuis l'atelier

Chaque objectif affiché dans un accord GEPP a une traduction directe sur une ligne de production.

Objectif 1

Anticiper les besoins en compétences

Sur la ligne : Repérer les postes fragiles d'ici trois ans (départs, nouvelle machine, nouveau produit).

Objectif 2

Développer les compétences en continu

Sur la ligne : Planifier la montée en polyvalence poste par poste, avec formation au poste et tutorat.

Objectif 3

Sécuriser les parcours

Sur la ligne : Offrir un chemin lisible : deuxième poste, habilitation, tuteur, chef d'équipe.

Objectif 4

Organiser la mobilité interne

Sur la ligne : Déplacer des compétences d'une ligne à l'autre avant de recruter.

Objectif 5

Répondre à la transition écologique

Sur la ligne : Former aux nouveaux procédés et aux équipements moins énergivores.

Objectif 6

Réduire la précarité

Sur la ligne : Transformer des missions d'intérim récurrentes en postes durables.

Ce que dit le Code du travail sur la GEPP

Le cadre légal de la GEPP figure dans le chapitre du Code du travail sur la négociation obligatoire en entreprise (articles L.2242-1 et suivants).

Qui doit négocier un accord GEPP ?

L'article L.2242-2 vise les entreprises et groupes d'au moins 300 salariés, ainsi que les entreprises et groupes de dimension communautaire comptant au moins un établissement ou une entreprise de 150 salariés en France.

La négociation suppose en outre une représentation syndicale constituée au niveau de l'entreprise. Un délégué syndical désigné pour un seul établissement ne déclenche pas l'obligation (Cass. soc., 11 septembre 2024, n° 23-14.333).

Exemple en usine. Une entreprise agroalimentaire de 320 salariés répartis sur trois usines entre dans le champ, même si aucune usine n'atteint 150 personnes.

Votre entreprise doit-elle négocier un accord GEPP ?

Répondez aux questions : le résultat s'affiche au fur et à mesure.

1. L'entreprise ou le groupe compte-t-il au moins 300 salariés ?
2. S'agit-il d'une entreprise ou d'un groupe de dimension communautaire avec au moins un établissement de 150 salariés en France ?
3. Une section syndicale d'une organisation représentative est-elle constituée au niveau de l'entreprise ?
4. Un accord de méthode fixe-t-il la périodicité de vos négociations ?

Information générale, qui ne remplace pas l'avis de votre juriste ou de votre avocat.

Tous les trois ans ou tous les quatre ans ?

Les deux chiffres circulent, et les deux sont exacts. L'article L.2242-2 impose de négocier au moins une fois tous les quatre ans.

Un accord de méthode, d'une durée maximale de quatre ans, peut fixer le calendrier, le contenu des thèmes et le suivi des engagements (article L.2242-11). Sans lui, la négociation a lieu tous les trois ans sur les six thèmes de l'article L.2242-20.

Règle d'ordre public

4 ans maximum

Au moins une négociation tous les quatre ans (article L.2242-2).

Avec accord de méthode

4 ans maximum

L'accord fixe calendrier, contenu des thèmes et suivi des engagements (article L.2242-11).

Sans accord de méthode

3 ans

Négociation sur les six thèmes supplétifs de l'article L.2242-20.

Notre conseil. Calez la périodicité de l'accord sur le cycle de quatre ans des entretiens de parcours professionnel. Les données collectées en entretien alimentent alors directement la négociation suivante.

Ce que l'accord doit contenir

Le tableau reprend les six thèmes de l'article L.2242-20 du Code du travail et indique où se logent vos sujets d'atelier.

Les six thèmes de la négociation GEPP sans accord de méthode
Thème prévu par la loiCe qu'il couvre en production
1° Dispositif de GPECMis en place notamment pour répondre aux enjeux de la transition écologique, avec ses mesures d'accompagnement (formation, abondement du CPF, VAE, bilan de compétences, mobilité professionnelle et géographique).
En production : cartographie des compétences par poste, plan de polyvalence, VAE vers un certificat de qualification professionnelle.
2° Mobilité interneConditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne à l'entreprise.
En production : passage d'une ligne ou d'un atelier à l'autre, changement d'équipe.
3° Formation à trois ansGrandes orientations de la formation professionnelle et objectifs du plan de développement des compétences.
En production : habilitations à renouveler, formations au poste, populations d'opérateurs prioritaires.
4° Contrats et précaritéPerspectives de recours aux différents contrats de travail, au temps partiel et aux stages, et moyens de diminuer les emplois précaires au profit du CDI.
En production : part de l'intérim sur les lignes, passerelles vers le CDI.
5° Sous-traitantsInformation des entreprises sous-traitantes sur les orientations stratégiques qui touchent leurs métiers, l'emploi et les compétences.
En production : prestataires de maintenance, de nettoyage industriel ou de logistique.
6° Carrière des élus syndicauxDéroulement de carrière des salariés exerçant des responsabilités syndicales et exercice de leurs fonctions.
En production : élus issus de la production et reprise de poste après un mandat.

Source : article L.2242-20 du Code du travail, version en vigueur depuis le 25 août 2021.

Au-delà de ces six thèmes, l'article L.2242-21 ouvre des thèmes facultatifs, dont les emplois menacés par les évolutions économiques ou technologiques, les congés de mobilité et l'insertion des jeunes. Un bilan est réalisé à l'échéance de l'accord.

Voir les sept thèmes facultatifs de l'article L.2242-21
  1. Les modalités d'information et de consultation du CSE en cas de licenciement économique collectif (articles L.1233-21 et L.1233-22).
  2. La qualification des catégories d'emplois menacés par les évolutions économiques ou technologiques.
  3. L'association des entreprises sous-traitantes au dispositif de GPEC de l'entreprise.
  4. La participation de l'entreprise aux actions de GPEC menées à l'échelle des territoires où elle est implantée.
  5. La mise en place de congés de mobilité.
  6. La formation et l'insertion durable des jeunes dans l'emploi, dont le développement de l'alternance.
  7. Les modalités d'organisation des périodes de reconversion externe, depuis la loi du 24 octobre 2025.

Source : article L.2242-21 du Code du travail, version du 26 octobre 2025.

Ce qui a changé avec la loi du 24 octobre 2025

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, consacrée à l'emploi des salariés expérimentés, modifie plusieurs règles de la GEPP.

Les seniors sortent de l'accord GEPP. Une négociation distincte sur l'emploi et le travail des salariés expérimentés s'impose aux entreprises d'au moins 300 salariés, au moins tous les quatre ans (article L.2242-2-1). La transmission des savoirs ne figure plus parmi les thèmes facultatifs de la GEPP.

La période de reconversion remplace Pro-A et Transitions collectives depuis le 1er janvier 2026. Les périodes de reconversion externe s'organisent dans le cadre d'un accord GEPP ou d'un accord de rupture conventionnelle collective.

L'entretien professionnel devient entretien de parcours professionnel. Il a lieu dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L.6315-1). Les accords qui prévoyaient une autre périodicité doivent être revus avant le 1er octobre 2026.

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'état des lieux vérifie que les entretiens ont eu lieu et que le salarié a suivi au moins une formation non obligatoire. Si les deux manquent, l'employeur abonde son CPF de 3 000 € (article L.6323-13).

La réforme du 24 octobre 2025, avant et après

Comparez les deux régimes ou affichez-en un seul.

Entretien avec le salarié

Avant

Entretien professionnel tous les deux ans, bilan récapitulatif tous les six ans.

Depuis la réforme

Entretien de parcours professionnel dans l'année qui suit l'embauche puis tous les quatre ans, état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L.6315-1).

Abondement correctif du CPF, dès 50 salariés

Avant

3 000 € si, sur six ans, les entretiens et une formation non obligatoire ont manqué.

Depuis la réforme

3 000 € si, sur huit ans, les entretiens et une formation non obligatoire ont manqué (article L.6323-13).

Salariés expérimentés

Avant

Emploi des salariés âgés et transmission des savoirs parmi les thèmes facultatifs de la GEPP.

Depuis la réforme

Négociation distincte, au moins tous les quatre ans, dans les entreprises d'au moins 300 salariés (article L.2242-2-1).

Reconversion

Avant

Dispositifs Pro-A et Transitions collectives.

Depuis la réforme

Période de reconversion interne ou externe, dont la version externe peut s'organiser par accord GEPP.

Les échéances à reporter dans votre calendrier social

26 octobre 2025

entrée en vigueur de l'entretien de parcours professionnel

1er janvier 2026

la période de reconversion remplace Pro-A et Transitions collectives

1er octobre 2026

date limite de mise en conformité des accords sur la périodicité des entretiens

Sources : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 ; Code du travail, articles L.2242-2-1, L.2242-21, L.6315-1 et L.6323-13.

Que risque une entreprise qui ne négocie pas ?

La loi impose d'engager la négociation GEPP et laisse la signature d'un accord facultative.

Côté sanctions, l'article L.2243-2 punit d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende l'employeur qui se soustrait aux obligations prévues aux articles L.2242-1 et L.2242-20. Un syndicat peut aussi saisir le juge, une fois le délai de négociation expiré, comme l'a rappelé l'arrêt de septembre 2024.

Sous le seuil de 300 salariés, deux obligations individuelles demeurent. L'employeur doit adapter les salariés à leur poste et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi (article L.6321-1), et il doit tenir les entretiens de parcours professionnel.

La GEPP au niveau des opérateurs de production

En production, les objectifs de la GEPP se mesurent avec d'autres unités que chez les cadres.

La GEPP pensée pour les cadres et pour l'atelier
SujetGEPP pensée pour les cadresGEPP pensée pour l'atelier
Unité de suiviLe métier, le potentielLe poste, le niveau d'autonomie
Preuve de compétenceEntretien, évaluation annuelleÉvaluation pratique au poste, habilitation datée
MobilitéChangement de fonction ou de siteDeuxième poste, nouvelle ligne, rôle de tuteur
FormationCatalogue, e-learningFormation au poste, AFEST, formations réglementaires
Risque principalDépart d'un talent cléPoste tenu par une seule personne
Qui détient l'informationLes RHLe chef d'équipe

Des compétences qui se prouvent au poste

Un opérateur est compétent sur un poste quand il le tient seul, en qualité et en sécurité. La preuve vient d'une évaluation pratique au poste et, pour certaines tâches, d'une habilitation datée qui expire.

La GEPP d'un site industriel s'appuie donc sur une matrice de compétences tenue par poste, avec les niveaux d'autonomie et les dates de validité. Une matrice d'habilitation qui remonte les échéances à l'avance évite de découvrir un poste bloqué le jour d'un audit.

Exemple de matrice de compétences par poste

Exemple fictif. Survolez une case pour lire le niveau, puis affichez les fragilités.

Opérateur Conditionnement Réglage ligne 2 Contrôle qualité Conduite de chariot
Opérateur A432·
Opérateur B3133expire dans 2 mois
Opérateur C3·4·
Opérateur D2·13
Opérateur E12··
1 en apprentissage 2 avec supervision 3 autonome 4 capable de former

Sur cet exemple, le réglage de la ligne 2 ne compte qu'un titulaire autonome, et l'habilitation de l'opérateur B sur la conduite de chariot expire dans deux mois, ce qui laissera un seul titulaire.

Commencez par les postes tenus par une seule personne. D'expérience, ils arrêtent une ligne à la première absence longue ou au premier départ.

Une formation dominée par la réglementation

En 2020, 36 % des ouvriers du secteur privé ont suivi une formation, contre 49 % des techniciens et 54 % des cadres, selon le Céreq. L'industrie fait mieux que la moyenne, avec 46 % d'ouvriers formés.

Qui accède à la formation dans le secteur privé ?

Part des salariés ayant suivi au moins une formation en 2020.

0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Ouvriers du privé 36 % Ouvriers de l'industrie 46 % Techniciens 49 % Cadres 54 %

Quelle part de la formation sert à la conformité ?

Part des heures de formation consacrées à l'hygiène, la sécurité ou la prise de poste.

0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Forte présence ouvrière 38 à 40 % Toutes entreprises 24 %
Source : Céreq, Bref n° 486, juin 2026, d'après l'enquête Formation Employeur (Céreq, Dares, France compétences). Données 2020.

Le Céreq relève que les entreprises qui forment le plus leurs ouvriers recensent les besoins, tiennent un plan de gestion des compétences et échangent régulièrement avec leur OPCO, soit les briques d'une démarche GEPP.

Dans les entreprises à forte présence ouvrière, 38 à 40 % des heures de formation portent sur l'hygiène, la sécurité ou la prise de poste, contre 24 % en moyenne.

Or les formations imposées par la réglementation ne comptent pas comme formation non obligatoire lors de l'état des lieux à huit ans.

Prévoyez dans le plan de développement des compétences au moins une formation non obligatoire par opérateur sur huit ans, par exemple un deuxième poste, une formation de tuteur ou un certificat de qualification.

Un opérateur ouvre-t-il droit à l'abondement correctif de 3 000 € ?

Le contrôle a lieu lors de l'état des lieux récapitulatif, tous les huit ans.

1. L'entreprise compte-t-elle au moins 50 salariés ?
2. Le salarié a-t-il bénéficié de tous ses entretiens de parcours professionnel sur la période ?
3. A-t-il suivi au moins une formation non obligatoire, autre qu'une formation imposée par la réglementation pour tenir son poste ?

Information générale, qui ne remplace pas l'avis de votre juriste ou de votre avocat.

Des parcours qui passent par la polyvalence

Un parcours d'opérateur avance par paliers successifs, du deuxième poste à une nouvelle ligne, puis à une habilitation, à un rôle de tuteur et parfois à un poste de chef d'équipe.

Un parcours d'opérateur, palier par palier

  1. 1

    Premier poste en autonomie

    Validé par : évaluation pratique au poste

  2. 2

    Deuxième poste

    Validé par : évaluation pratique au poste

  3. 3

    Nouvelle ligne ou nouvel atelier

    Validé par : évaluation pratique sur la nouvelle ligne

  4. 4

    Habilitation

    Validé par : formation et habilitation datée, à renouveler

  5. 5

    Tuteur ou référent

    Validé par : formation de tuteur

  6. 6

    Chef d'équipe

    Validé par : entretien de parcours professionnel

Exemple de parcours. Affichez les postes ouverts en interne et les prérequis de chaque palier, pour que chaque opérateur sache comment progresser.

La polyvalence sert ainsi deux objectifs de la GEPP. Elle sécurise la production face aux absences et rend visible la progression de chacun.

Rendre la mobilité interne lisible pour les opérateurs

  • Suivez pour chaque opérateur ses compétences, ses expériences et ses souhaits d'évolution, recueillis en entretien de parcours professionnel.
  • Affichez les postes ouverts en interne et les prérequis de chaque palier, avec le même accès pour toutes les équipes, de jour comme de nuit.
  • Proposez une formation ciblée et un tuteur dès qu'un changement de poste est décidé.
  • Rendez visibles les paliers franchis : une habilitation obtenue ou un rôle de tuteur se reconnaît, et fidélise.

Dans Mercateam, chaque formation validée au poste met à jour la matrice, ce qui donne à l'entretien de parcours une base factuelle. Nos clients constatent un temps de formation divisé par quatre une fois ce suivi automatisé.

Une matrice de compétences à jour, sans ressaisie

Niveaux par poste, alertes avant l'expiration des habilitations et recherche rapide pour vos audits.

Découvrir la matrice de compétences

L'intérim et les départs dans le périmètre

Les intérimaires et les saisonniers tiennent souvent des postes à part entière. Le quatrième thème de l'article L.2242-20 permet de prévoir leur formation au poste et leurs passerelles vers le CDI.

Les départs en retraite relèvent désormais d'une négociation distincte, et l'atelier doit toujours repérer les compétences critiques détenues par des salariés proches du départ pour lancer la transmission à temps.

Par où commencer sur votre site

Une démarche GEPP utile en production démarre sur les postes qui bloquent une ligne quand personne ne sait les tenir.

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Lancez la démarche quand l'activité est stable, car une GEPP ouverte en pleine réorganisation est lue comme un tri. Chez Michelin, la négociation GEPP de 2023 a débuté par les mesures de départ, selon un délégué CFE-CGC cité par Miroir Social.

Les écueils les plus fréquents en usine, une communication floue, des chefs d'équipe tenus à l'écart et l'absence d'indicateur de suivi, sont détaillés avec les avantages et inconvénients de la GEPP.

Faire vivre la GEPP au-delà de l'accord

Un accord GEPP bien négocié sécurise l'entreprise sur le plan juridique. Sa valeur en production dépend d'une donnée plus modeste : savoir, chaque semaine, qui tient quel poste et qui progresse.

Mercateam outille ce suivi sur plus de 300 sites industriels, avec un logiciel GEPP où matrice de compétences, habilitations et entretiens de parcours partagent la même donnée.

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Sources

300 salariés

seuil à partir duquel la négociation GEPP devient obligatoire

4 ans

rythme maximal de la négociation, 3 ans sans accord de méthode

3 000 €

d'abondement CPF si entretiens et formation non obligatoire manquent sur 8 ans

36 % / 54 %

des ouvriers et des cadres ont suivi une formation en 2020

Sources : Code du travail, articles L.2242-2, L.2242-11 et L.6323-13 ; Céreq, Bref n° 486, juin 2026.

L'essentiel

  • La GEPP est une méthode de gestion des compétences et, à partir de 300 salariés, une négociation obligatoire.
  • Cette négociation a lieu au moins tous les quatre ans, ou tous les trois ans sans accord de méthode, et la signature d'un accord reste facultative.
  • Depuis la loi du 24 octobre 2025, les seniors font l'objet d'une négociation distincte et l'entretien professionnel devient un entretien de parcours tous les quatre ans.
  • En production, la GEPP se mesure poste par poste : polyvalence, habilitations valides, postes tenus par une seule personne.

Définition de la GEPP

La gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) est la démarche par laquelle une entreprise anticipe l'évolution de ses emplois et de ses compétences, puis organise la progression de ses salariés pour y répondre. Toute entreprise peut l'appliquer, quelle que soit sa taille. À partir de 300 salariés, elle devient aussi une négociation obligatoire avec les organisations syndicales, encadrée par le Code du travail.

Dans une usine, la démarche répond à trois questions. Qui sait tenir chaque poste aujourd'hui ? Qui devra le tenir dans trois ans, et comment faire progresser chaque opérateur pour y arriver ?

Quand les fondateurs de Mercateam ont parcouru des dizaines d'usines françaises en 2019, les réponses vivaient dans des fichiers Excel et des plannings papier. Elles forment pourtant la matière première de toute démarche GEPP.

Pourquoi la GPEC est devenue la GEPP

La GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, devient une obligation de négocier en 2005 avec la loi Borloo, pour les entreprises d'au moins 300 salariés. Le ministère du Travail la définit comme « une méthode pour adapter, à court et moyen termes, les emplois, les effectifs et les compétences aux exigences issues de la stratégie des entreprises et des modifications de leurs environnements économique, technologique, social et juridique ».

Sur le terrain, l'exercice part des seuls besoins de l'entreprise, regarde surtout les compétences techniques et produit un plan à trois ou cinq ans que le marché rend caduc avant son terme, d'où sa réputation d'usine à gaz.

L'intitulé « gestion des emplois et des parcours professionnels » entre dans le Code du travail avec la loi Rebsamen du 17 août 2015, applicable au 1er janvier 2016. Vous lirez souvent que la GEPP est née des ordonnances du 22 septembre 2017, qui en ont surtout réorganisé les règles et permis d'étirer le rythme de négociation jusqu'à quatre ans.

Le dispositif de GPEC figure toujours dans le Code, comme premier thème de la négociation GEPP à l'article L.2242-20. La loi Climat et résilience du 22 août 2021 lui a assigné un objectif supplémentaire, répondre aux enjeux de la transition écologique.

De la GPEC à la GEPP en cinq textes

Cliquez sur une année pour lire ce que chaque texte a changé.

2005, loi Borloo

La loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale oblige les entreprises d'au moins 300 salariés à négocier tous les trois ans sur la GPEC.

2015, loi Rebsamen

La loi n° 2015-994 du 17 août 2015 regroupe les négociations obligatoires. La négociation triennale sur la gestion des emplois et des parcours professionnels apparaît au 1er janvier 2016, avec la GPEC comme premier thème.

2017, ordonnance du 22 septembre

L'ordonnance n° 2017-1385 répartit les règles entre ordre public, accord de méthode et dispositions supplétives. La négociation peut désormais avoir lieu jusqu'à tous les quatre ans.

2021, loi Climat et résilience

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (article 40) demande que le dispositif de GPEC réponde aussi aux enjeux de la transition écologique.

2025, loi du 24 octobre

La loi n° 2025-989 crée une négociation distincte sur les salariés expérimentés, remplace l'entretien professionnel par l'entretien de parcours professionnel et instaure la période de reconversion au 1er janvier 2026.

Autour de ce dispositif, la GEPP ajoute le parcours du salarié et accompagne en priorité ceux qui ont un projet d'évolution, en lien avec les besoins du site.

GPEC et GEPP, ce qui distingue les deux sigles
CritèreGPECGEPP
Nom completGestion prévisionnelle des emplois et des compétencesGestion des emplois et des parcours professionnels
Entrée dans le Code du travailLoi Borloo, 2005Loi Rebsamen, 2015, réorganisée en 2017
Statut aujourd'huiDispositif prévu au 1° de l'article L.2242-20Nom de la négociation obligatoire
Point de départLes besoins de l'entrepriseLes besoins de l'entreprise et le parcours du salarié
FormationPlan ponctuelFormation continue, CPF, VAE, reconversion
Vu depuis l'atelierUne photo des effectifs et des qualificationsUn suivi continu de qui tient quel poste et de qui progresse

Les objectifs de la GEPP vus depuis l'atelier

Chaque objectif affiché dans un accord GEPP a une traduction directe sur une ligne de production.

Objectif 1

Anticiper les besoins en compétences

Sur la ligne : Repérer les postes fragiles d'ici trois ans (départs, nouvelle machine, nouveau produit).

Objectif 2

Développer les compétences en continu

Sur la ligne : Planifier la montée en polyvalence poste par poste, avec formation au poste et tutorat.

Objectif 3

Sécuriser les parcours

Sur la ligne : Offrir un chemin lisible : deuxième poste, habilitation, tuteur, chef d'équipe.

Objectif 4

Organiser la mobilité interne

Sur la ligne : Déplacer des compétences d'une ligne à l'autre avant de recruter.

Objectif 5

Répondre à la transition écologique

Sur la ligne : Former aux nouveaux procédés et aux équipements moins énergivores.

Objectif 6

Réduire la précarité

Sur la ligne : Transformer des missions d'intérim récurrentes en postes durables.

Ce que dit le Code du travail sur la GEPP

Le cadre légal de la GEPP figure dans le chapitre du Code du travail sur la négociation obligatoire en entreprise (articles L.2242-1 et suivants).

Qui doit négocier un accord GEPP ?

L'article L.2242-2 vise les entreprises et groupes d'au moins 300 salariés, ainsi que les entreprises et groupes de dimension communautaire comptant au moins un établissement ou une entreprise de 150 salariés en France.

La négociation suppose en outre une représentation syndicale constituée au niveau de l'entreprise. Un délégué syndical désigné pour un seul établissement ne déclenche pas l'obligation (Cass. soc., 11 septembre 2024, n° 23-14.333).

Exemple en usine. Une entreprise agroalimentaire de 320 salariés répartis sur trois usines entre dans le champ, même si aucune usine n'atteint 150 personnes.

Votre entreprise doit-elle négocier un accord GEPP ?

Répondez aux questions : le résultat s'affiche au fur et à mesure.

1. L'entreprise ou le groupe compte-t-il au moins 300 salariés ?
2. S'agit-il d'une entreprise ou d'un groupe de dimension communautaire avec au moins un établissement de 150 salariés en France ?
3. Une section syndicale d'une organisation représentative est-elle constituée au niveau de l'entreprise ?
4. Un accord de méthode fixe-t-il la périodicité de vos négociations ?

Information générale, qui ne remplace pas l'avis de votre juriste ou de votre avocat.

Tous les trois ans ou tous les quatre ans ?

Les deux chiffres circulent, et les deux sont exacts. L'article L.2242-2 impose de négocier au moins une fois tous les quatre ans.

Un accord de méthode, d'une durée maximale de quatre ans, peut fixer le calendrier, le contenu des thèmes et le suivi des engagements (article L.2242-11). Sans lui, la négociation a lieu tous les trois ans sur les six thèmes de l'article L.2242-20.

Règle d'ordre public

4 ans maximum

Au moins une négociation tous les quatre ans (article L.2242-2).

Avec accord de méthode

4 ans maximum

L'accord fixe calendrier, contenu des thèmes et suivi des engagements (article L.2242-11).

Sans accord de méthode

3 ans

Négociation sur les six thèmes supplétifs de l'article L.2242-20.

Notre conseil. Calez la périodicité de l'accord sur le cycle de quatre ans des entretiens de parcours professionnel. Les données collectées en entretien alimentent alors directement la négociation suivante.

Ce que l'accord doit contenir

Le tableau reprend les six thèmes de l'article L.2242-20 du Code du travail et indique où se logent vos sujets d'atelier.

Les six thèmes de la négociation GEPP sans accord de méthode
Thème prévu par la loiCe qu'il couvre en production
1° Dispositif de GPECMis en place notamment pour répondre aux enjeux de la transition écologique, avec ses mesures d'accompagnement (formation, abondement du CPF, VAE, bilan de compétences, mobilité professionnelle et géographique).
En production : cartographie des compétences par poste, plan de polyvalence, VAE vers un certificat de qualification professionnelle.
2° Mobilité interneConditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne à l'entreprise.
En production : passage d'une ligne ou d'un atelier à l'autre, changement d'équipe.
3° Formation à trois ansGrandes orientations de la formation professionnelle et objectifs du plan de développement des compétences.
En production : habilitations à renouveler, formations au poste, populations d'opérateurs prioritaires.
4° Contrats et précaritéPerspectives de recours aux différents contrats de travail, au temps partiel et aux stages, et moyens de diminuer les emplois précaires au profit du CDI.
En production : part de l'intérim sur les lignes, passerelles vers le CDI.
5° Sous-traitantsInformation des entreprises sous-traitantes sur les orientations stratégiques qui touchent leurs métiers, l'emploi et les compétences.
En production : prestataires de maintenance, de nettoyage industriel ou de logistique.
6° Carrière des élus syndicauxDéroulement de carrière des salariés exerçant des responsabilités syndicales et exercice de leurs fonctions.
En production : élus issus de la production et reprise de poste après un mandat.

Source : article L.2242-20 du Code du travail, version en vigueur depuis le 25 août 2021.

Au-delà de ces six thèmes, l'article L.2242-21 ouvre des thèmes facultatifs, dont les emplois menacés par les évolutions économiques ou technologiques, les congés de mobilité et l'insertion des jeunes. Un bilan est réalisé à l'échéance de l'accord.

Voir les sept thèmes facultatifs de l'article L.2242-21
  1. Les modalités d'information et de consultation du CSE en cas de licenciement économique collectif (articles L.1233-21 et L.1233-22).
  2. La qualification des catégories d'emplois menacés par les évolutions économiques ou technologiques.
  3. L'association des entreprises sous-traitantes au dispositif de GPEC de l'entreprise.
  4. La participation de l'entreprise aux actions de GPEC menées à l'échelle des territoires où elle est implantée.
  5. La mise en place de congés de mobilité.
  6. La formation et l'insertion durable des jeunes dans l'emploi, dont le développement de l'alternance.
  7. Les modalités d'organisation des périodes de reconversion externe, depuis la loi du 24 octobre 2025.

Source : article L.2242-21 du Code du travail, version du 26 octobre 2025.

Ce qui a changé avec la loi du 24 octobre 2025

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, consacrée à l'emploi des salariés expérimentés, modifie plusieurs règles de la GEPP.

Les seniors sortent de l'accord GEPP. Une négociation distincte sur l'emploi et le travail des salariés expérimentés s'impose aux entreprises d'au moins 300 salariés, au moins tous les quatre ans (article L.2242-2-1). La transmission des savoirs ne figure plus parmi les thèmes facultatifs de la GEPP.

La période de reconversion remplace Pro-A et Transitions collectives depuis le 1er janvier 2026. Les périodes de reconversion externe s'organisent dans le cadre d'un accord GEPP ou d'un accord de rupture conventionnelle collective.

L'entretien professionnel devient entretien de parcours professionnel. Il a lieu dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L.6315-1). Les accords qui prévoyaient une autre périodicité doivent être revus avant le 1er octobre 2026.

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'état des lieux vérifie que les entretiens ont eu lieu et que le salarié a suivi au moins une formation non obligatoire. Si les deux manquent, l'employeur abonde son CPF de 3 000 € (article L.6323-13).

La réforme du 24 octobre 2025, avant et après

Comparez les deux régimes ou affichez-en un seul.

Entretien avec le salarié

Avant

Entretien professionnel tous les deux ans, bilan récapitulatif tous les six ans.

Depuis la réforme

Entretien de parcours professionnel dans l'année qui suit l'embauche puis tous les quatre ans, état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L.6315-1).

Abondement correctif du CPF, dès 50 salariés

Avant

3 000 € si, sur six ans, les entretiens et une formation non obligatoire ont manqué.

Depuis la réforme

3 000 € si, sur huit ans, les entretiens et une formation non obligatoire ont manqué (article L.6323-13).

Salariés expérimentés

Avant

Emploi des salariés âgés et transmission des savoirs parmi les thèmes facultatifs de la GEPP.

Depuis la réforme

Négociation distincte, au moins tous les quatre ans, dans les entreprises d'au moins 300 salariés (article L.2242-2-1).

Reconversion

Avant

Dispositifs Pro-A et Transitions collectives.

Depuis la réforme

Période de reconversion interne ou externe, dont la version externe peut s'organiser par accord GEPP.

Les échéances à reporter dans votre calendrier social

26 octobre 2025

entrée en vigueur de l'entretien de parcours professionnel

1er janvier 2026

la période de reconversion remplace Pro-A et Transitions collectives

1er octobre 2026

date limite de mise en conformité des accords sur la périodicité des entretiens

Sources : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 ; Code du travail, articles L.2242-2-1, L.2242-21, L.6315-1 et L.6323-13.

Que risque une entreprise qui ne négocie pas ?

La loi impose d'engager la négociation GEPP et laisse la signature d'un accord facultative.

Côté sanctions, l'article L.2243-2 punit d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende l'employeur qui se soustrait aux obligations prévues aux articles L.2242-1 et L.2242-20. Un syndicat peut aussi saisir le juge, une fois le délai de négociation expiré, comme l'a rappelé l'arrêt de septembre 2024.

Sous le seuil de 300 salariés, deux obligations individuelles demeurent. L'employeur doit adapter les salariés à leur poste et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi (article L.6321-1), et il doit tenir les entretiens de parcours professionnel.

La GEPP au niveau des opérateurs de production

En production, les objectifs de la GEPP se mesurent avec d'autres unités que chez les cadres.

La GEPP pensée pour les cadres et pour l'atelier
SujetGEPP pensée pour les cadresGEPP pensée pour l'atelier
Unité de suiviLe métier, le potentielLe poste, le niveau d'autonomie
Preuve de compétenceEntretien, évaluation annuelleÉvaluation pratique au poste, habilitation datée
MobilitéChangement de fonction ou de siteDeuxième poste, nouvelle ligne, rôle de tuteur
FormationCatalogue, e-learningFormation au poste, AFEST, formations réglementaires
Risque principalDépart d'un talent cléPoste tenu par une seule personne
Qui détient l'informationLes RHLe chef d'équipe

Des compétences qui se prouvent au poste

Un opérateur est compétent sur un poste quand il le tient seul, en qualité et en sécurité. La preuve vient d'une évaluation pratique au poste et, pour certaines tâches, d'une habilitation datée qui expire.

La GEPP d'un site industriel s'appuie donc sur une matrice de compétences tenue par poste, avec les niveaux d'autonomie et les dates de validité. Une matrice d'habilitation qui remonte les échéances à l'avance évite de découvrir un poste bloqué le jour d'un audit.

Exemple de matrice de compétences par poste

Exemple fictif. Survolez une case pour lire le niveau, puis affichez les fragilités.

Opérateur Conditionnement Réglage ligne 2 Contrôle qualité Conduite de chariot
Opérateur A432·
Opérateur B3133expire dans 2 mois
Opérateur C3·4·
Opérateur D2·13
Opérateur E12··
1 en apprentissage 2 avec supervision 3 autonome 4 capable de former

Sur cet exemple, le réglage de la ligne 2 ne compte qu'un titulaire autonome, et l'habilitation de l'opérateur B sur la conduite de chariot expire dans deux mois, ce qui laissera un seul titulaire.

Commencez par les postes tenus par une seule personne. D'expérience, ils arrêtent une ligne à la première absence longue ou au premier départ.

Dans le panel Mercateam, le phénomène touche presque tous les sites : 105 des 108 sites sectorisés comptent au moins une compétence ou une habilitation à détenteur unique, et sur 98 sites, la part médiane des postes tenus par moins de trois titulaires qualifiés va de 24,8 % en pharmaceutique à 77,8 % en automobile.

Postes tenus par moins de trois titulaires qualifiés

Part médiane des postes par site, selon le secteur.

0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Pharmaceutique 24,8 % Cosmétique 30 % Agroalimentaire 40 % Aéronautique 52,6 % Automobile 77,8 %

105 sites sur 108

comptent au moins une compétence ou une habilitation à détenteur unique

3 titulaires

seuil d'usage pour absorber une absence et un congé simultanés

Source : étude Mercateam, sites industriels français suivis d'août 2025 à août 2026 (98 sites sectorisés pour la couverture des postes, 108 pour les détenteurs uniques).

Une formation dominée par la réglementation

En 2020, 36 % des ouvriers du secteur privé ont suivi une formation, contre 49 % des techniciens et 54 % des cadres, selon le Céreq. L'industrie fait mieux que la moyenne, avec 46 % d'ouvriers formés.

Qui accède à la formation dans le secteur privé ?

Part des salariés ayant suivi au moins une formation en 2020.

0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Ouvriers du privé 36 % Ouvriers de l'industrie 46 % Techniciens 49 % Cadres 54 %

Quelle part de la formation sert à la conformité ?

Part des heures de formation consacrées à l'hygiène, la sécurité ou la prise de poste.

0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Forte présence ouvrière 38 à 40 % Toutes entreprises 24 %
Source : Céreq, Bref n° 486, juin 2026, d'après l'enquête Formation Employeur (Céreq, Dares, France compétences). Données 2020.

Le Céreq relève que les entreprises qui forment le plus leurs ouvriers recensent les besoins, tiennent un plan de gestion des compétences et échangent régulièrement avec leur OPCO, soit les briques d'une démarche GEPP.

Dans les entreprises à forte présence ouvrière, 38 à 40 % des heures de formation portent sur l'hygiène, la sécurité ou la prise de poste, contre 24 % en moyenne.

Or les formations imposées par la réglementation ne comptent pas comme formation non obligatoire lors de l'état des lieux à huit ans.

Prévoyez dans le plan de développement des compétences au moins une formation non obligatoire par opérateur sur huit ans, par exemple un deuxième poste, une formation de tuteur ou un certificat de qualification.

Un opérateur ouvre-t-il droit à l'abondement correctif de 3 000 € ?

Le contrôle a lieu lors de l'état des lieux récapitulatif, tous les huit ans.

1. L'entreprise compte-t-elle au moins 50 salariés ?
2. Le salarié a-t-il bénéficié de tous ses entretiens de parcours professionnel sur la période ?
3. A-t-il suivi au moins une formation non obligatoire, autre qu'une formation imposée par la réglementation pour tenir son poste ?

Information générale, qui ne remplace pas l'avis de votre juriste ou de votre avocat.

Des parcours qui passent par la polyvalence

Un parcours d'opérateur avance par paliers successifs, du deuxième poste à une nouvelle ligne, puis à une habilitation, à un rôle de tuteur et parfois à un poste de chef d'équipe.

Un parcours d'opérateur, palier par palier

  1. 1

    Premier poste en autonomie

    Validé par : évaluation pratique au poste

  2. 2

    Deuxième poste

    Validé par : évaluation pratique au poste

  3. 3

    Nouvelle ligne ou nouvel atelier

    Validé par : évaluation pratique sur la nouvelle ligne

  4. 4

    Habilitation

    Validé par : formation et habilitation datée, à renouveler

  5. 5

    Tuteur ou référent

    Validé par : formation de tuteur

  6. 6

    Chef d'équipe

    Validé par : entretien de parcours professionnel

Exemple de parcours. Affichez les postes ouverts en interne et les prérequis de chaque palier, pour que chaque opérateur sache comment progresser.

La polyvalence sert ainsi deux objectifs de la GEPP. Elle sécurise la production face aux absences et rend visible la progression de chacun.

Rendre la mobilité interne lisible pour les opérateurs

  • Suivez pour chaque opérateur ses compétences, ses expériences et ses souhaits d'évolution, recueillis en entretien de parcours professionnel.
  • Affichez les postes ouverts en interne et les prérequis de chaque palier, avec le même accès pour toutes les équipes, de jour comme de nuit.
  • Proposez une formation ciblée et un tuteur dès qu'un changement de poste est décidé.
  • Rendez visibles les paliers franchis : une habilitation obtenue ou un rôle de tuteur se reconnaît, et fidélise.

Dans Mercateam, chaque formation validée au poste met à jour la matrice, ce qui donne à l'entretien de parcours une base factuelle. Nos clients constatent un temps de formation divisé par quatre une fois ce suivi automatisé.

Une matrice de compétences à jour, sans ressaisie

Niveaux par poste, alertes avant l'expiration des habilitations et recherche rapide pour vos audits.

Découvrir la matrice de compétences

L'intérim et les départs dans le périmètre

Les intérimaires et les saisonniers tiennent souvent des postes à part entière. Le quatrième thème de l'article L.2242-20 permet de prévoir leur formation au poste et leurs passerelles vers le CDI.

Les départs en retraite relèvent désormais d'une négociation distincte, et l'atelier doit toujours repérer les compétences critiques détenues par des salariés proches du départ pour lancer la transmission à temps.

Par où commencer sur votre site

Une démarche GEPP utile en production démarre sur les postes qui bloquent une ligne quand personne ne sait les tenir.

Votre démarrage GEPP en cinq étapes

Cochez les étapes au fur et à mesure.

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Les cinq étapes sont cochées : détaillez maintenant votre plan d'action GEPP.

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Lancez la démarche quand l'activité est stable, car une GEPP ouverte en pleine réorganisation est lue comme un tri. Chez Michelin, la négociation GEPP de 2023 a débuté par les mesures de départ, selon un délégué CFE-CGC cité par Miroir Social.

Les écueils les plus fréquents en usine, une communication floue, des chefs d'équipe tenus à l'écart et l'absence d'indicateur de suivi, sont détaillés avec les avantages et inconvénients de la GEPP.

Faire vivre la GEPP au-delà de l'accord

Un accord GEPP bien négocié sécurise l'entreprise sur le plan juridique. Sa valeur en production dépend d'une donnée plus modeste : savoir, chaque semaine, qui tient quel poste et qui progresse.

Mercateam outille ce suivi sur plus de 300 sites industriels, avec un logiciel GEPP où matrice de compétences, habilitations et entretiens de parcours partagent la même donnée.

Pour voir comment votre accord se traduit poste par poste, demandez une démonstration.

Traduisez votre accord GEPP poste par poste

Matrice de compétences, habilitations et entretiens de parcours sur la même donnée, déjà en place sur plus de 300 sites industriels.

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Sources

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Quels outils facilitent la mise en place de la GEPP ?

Les entreprises s’appuient sur des outils comme les organigrammes, pyramides des âges, référentiels métiers, grilles de compétences, mais aussi sur des logiciels spécialisés comme Mercateam, qui digitalisent le suivi des compétences, des parcours et des plans de formation.

La GEPP est-elle obligatoire ?

Oui, pour les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés et pour les entreprises de dimension communautaire ayant un établissement de 150 salariés en France, dès lors qu’une représentation syndicale existe au niveau de l’entreprise. L’obligation porte sur la négociation, au moins tous les quatre ans. En dessous de ces seuils, la démarche reste volontaire.

Quelle est la différence entre GPEC et GEPP ?

La GEPP est le nom de la négociation obligatoire depuis la loi Rebsamen de 2015, et la GPEC en constitue le premier thème. Elle y ajoute la logique de parcours professionnel, la formation continue et, depuis 2021, la transition écologique.

Qu'est-ce qu'un accord GEPP ?

Un accord GEPP est un accord collectif signé entre l’employeur et les organisations syndicales représentatives à l’issue de la négociation sur la gestion des emplois et des parcours professionnels. Il porte en général sur la GPEC, la mobilité interne, la formation à trois ans, le recours aux contrats précaires et l’information des sous-traitants. Un bilan est réalisé à son échéance.

Quels articles du Code du travail encadrent la GEPP ?

Les articles L.2242-2 (obligation et rythme), L.2242-10 et L.2242-11 (accord de méthode), L.2242-20 (thèmes à défaut d’accord) et L.2242-21 (thèmes facultatifs). S’y ajoutent l’article L.2242-2-1 sur les salariés expérimentés et l’article L.6315-1 sur l’entretien de parcours professionnel.

Une entreprise de moins de 300 salariés doit-elle faire une GEPP ?

Non, elle n’a aucune obligation de négocier. Elle reste tenue d’adapter ses salariés à leur poste (article L.6321-1) et d’organiser les entretiens de parcours professionnel. Son OPCO a pour mission d’accompagner les PME dans l’analyse de leurs besoins de formation (article L.6332-1).

Quels outils facilitent la mise en place de la GEPP ?

L’organigramme, la pyramide des âges, le référentiel de compétences, la matrice de compétences, l’entretien de parcours professionnel et le plan de développement des compétences forment la base. Un logiciel dédié relie ces données et suit les habilitations. Le détail figure dans notre page sur les outils de la GEPP.

Quels indicateurs suivre dans une démarche GEPP ?

Côté RH, le turnover, l’absentéisme, la structure d’âge, le taux de formation, les reconversions et les promotions, segmentés par catégorie de salariés. Côté atelier, le taux de polyvalence, la couverture des compétences critiques, les habilitations valides et le délai de montée en compétence. Formules et seuils dans nos indicateurs GEPP.

Quelle différence entre upskilling et reskilling ?

L’upskilling développe les compétences d’un salarié dans son métier actuel, par exemple un opérateur qui apprend à régler sa machine. Le reskilling le forme à un autre métier, par exemple un cariste qui devient technicien de maintenance. Une démarche GEPP mobilise les deux.

Par Salomé Furlan
Content Manager chez Mercateam

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